| La toison d’or (1839) | 716.7 ko |
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extrait :
“Tiburce était réellement un jeune homme fort singulier ; sa bizarrerie avait surtout l’avantage de n’être pas affectée, il ne la quittait pas comme son chapeau et ses gants en rentrant chez lui : il était original entre quatre murs, sans spectateurs, pour lui tout seul.
N’allez pas croire, je vous prie, que Tiburce fût ridicule, et qu’il eût une de ces manies agressives, insupportables à tout le monde ; il ne mangeait pas d’araignées, ne jouait d’aucun instrument et ne lisait de vers à personne ; c’était un garçon posé, tranquille, parlant peu, écoutant moins, et dont l’œil à demi ouvert semblait regarder en dedans.
Il vivait accroupi sur le coin d’un divan, étayé de chaque côté par une pile de coussins, s’inquiétant aussi peu des affaires du temps que de ce qui se passe dans la lune. - Il y avait très peu de substantifs qui fissent de l’effet sur lui, et jamais personne ne fut moins sensible aux grands mots. Il ne tenait en aucune façon à ses droits politiques et pensait que le peuple est toujours libre au cabaret.(...) ”
GAUTIER Théophile (1811-1872), écrivain français.
Destiné à une carrière de peintre, sa rencontre avec Hugo lui donna le goût de la littérature et il fit partie de la troupe romantique qui défendit Hugo contre les tenants du classicisme. Il menait à l’époque une vie de bohème joyeuse et fracassante. Son premier conte fantastique « la cafetière » fut publié en 1831. Parallèlement à ses poèmes, Gautier publia quelques textes en prose. En 1836, il édita son premier article dans la « presse », journal pour lequel il travailla jusqu’en 1855. Gautier écrivit quelques mille deux cents articles, tout en se plaignant du joug quotidien de la presse, son seul véritable gagne-pain qui était aussi un obstacle matériel à la réalisation d’une œuvre littéraire. Baudelaire lui a dédié « les fleurs du mal ».
site consacré à Théophile Gautier :
http://www.llsh.univ-savoie.fr/gautier/cadre.htm
Merci l’équipe du site pour leur aimable autorisation de la diffusion des textes de Théophile Gautier.
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