| Vie de Rancé | 552 ko |
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extrait :
“Don Pierre Le Nain, religieux et prieur de l’abbaye de La Trappe, frère du grand Tillemont et presque aussi savant que lui, est reconnu comme le plus complet historien de Rancé. Il commence ainsi la vie de l’abbé réformateur.
« L’illustre et pieux abbé du monastère de Notre-Dame de La Trappe, l’un des plus beaux monuments de l’ordre de Cîteaux, le parfait miroir de la pénitence, le modèle accompli de toutes les vertus chrétiennes et religieuses, le digne fils et le fidèle imitateur du grand saint Bernard, le révérend père dom Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé, de qui, avec le secours du ciel, nous entreprenons d’écrire l’histoire, naquit à Paris, le 9 janvier 1626, d’une des plus anciennes et illustres familles du royaume. Il n’y a personne qui ne sache qu’elle a donné à l’Église monseigneur Victor Le Bouthillier, évêque de Boulogne, depuis archevêque de Tours, premier aumônier de M. le duc d’Orléans ; monseigneur Sébastien Le Bouthillier, évêque d’Aire, prélat d’une piété singulière ; et à l’État Claude Le Bouthillier, sieur de Pons et de Foligny, qui fut d’abord conseiller au parlement de Paris, ensuite secrétaire d’État, et quelques années après surintendant des finances et grand-trésorier des ordres du roi. Cette famille, qui tirait son origine de Bretagne et touchait de parenté aux ducs de cette province, a été encore plus ennoblie par la sainteté de celui dont nous écrivons la vie.
« Son père se nommait Denis Le Bouthillier, seigneur de Rancé, maître des requêtes, président en la chambre des comptes et secrétaire de la reine Marie de Médicis. Il épousa Charlotte Joly, de laquelle il eut huit enfants : cinq filles, qui se firent religieuses presque toutes, et trois garçons. Le premier, Denis- François Le Bouthillier, fut chanoine de Notre-Dame de Paris ; le second fut notre digne abbé, le troisième est le chevalier de Rancé, qui servit Sa Majesté en qualité de capitaine du port du Marseille et de chef d’escadre. (...)”
CHATEAUBRIAND François René De (1768-1848), écrivain français.
Il passa sa jeunesse en Bretagne puis entama sans conviction une carrière militaire qu’il interrompit au moment de la révolution pour voyager en Amérique. Rentré en France, il publia des récits romanesques. Et fit un mariage d’argent puis rejoignit en Allemagne l’armée contre- révolutionnaire des Émigres. Les mémoires d’outre-tombe, son chef- d’œuvre, assura la liaison entre la méditation autobiographique de Rousseau et les grands thèmes de la sensibilité romantique furent publiés immédiatement après sa mort. Blessé, malade, il rejoignit l’Angleterre ou il passa sept années de difficile exil. Il fut nommé secrétaire d’ambassade à Rome et entreprit la rédaction d’une épopée chrétienne. En 1804, après l’assassinat du duc d’ Enghien, il s’embarqua avec sa famille pour l’Orient. Il visita la Grèce et la Turquie, Jérusalem. Il publia « les martyrs » à son retour. Chateaubriand revendiqua le droit à la poésie, droit qui lui permit en même temps de travestir quelquefois la vérité. Après de sombres années ou il fut révoqué et exilé, il fut grâcié et devint ministre des Affaires étrangères, puis chassé de nouveau. Il fut nommé ambassadeur à Rome, mais en désaccord avec la politique du roi, il donna sa démission. Après avoir participé avec la duchesse du Berry à un complot contre le roi, il fut emprisonné et abandonna sa vie politique. Sa santé déclinant, il mourut paralysé d’une fluxion de poitrine en 1848.
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