| Recueil de nouvelles d’humour anti-militariste | 195 ko |
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Léon Coquillard est né d’une collaboration entre Zep, le dessinateur de Titeuf, et ...Titof, alors militant pacifiste très engagé dans le groupe pour une Suisse sans armée.
Au delà de la polémique entre l’auteur, libertaire acharné, et Zep, le mickey mégalo de l’édition francophone, qui nous empêche de lire ces nouvelles avec les illustrations copyrightées de Zep, ce recueil de nouvelles de Léon Coquillard est une bouffée d’humour anti-militariste qui se déguste facilement après le journal de 20h00.
Quand le monde est dominé par la logique militaire, il est bon de rêver à un autre monde où la connerie militaire serait enfin démasquée et traitée comme il se doit...
Téléchargez le recueil (10 nouvelles) gratuitement, selon les termes de la licence creatives commons by-nc !
Pour voir une page en Bande Dessinée de Léon Coquillard dessiné par Zep, allez sur le site bedetheque.com
Pour en savoir plus sur le Groupe pour une Suisse Sans Armée, allez sur le site gssa.ch
extrait :
A l’aube du XXIe siècle, le peuple suisse, aveuglé par la propagande pacifiste, a voté OUI à la suppression de son armée.
Toute la Suisse est désormais sans défense... Toute ?
Non ! Un irréductible officier résiste encore et toujours... L’ennemi peut venir...
LEON COQUILLARD l’attend !!!
texte publié en novembre 1991 dans le magazine suisse de bande dessinée « Sauve qui Peut » édité par les éditions AtoZ
La réinsertion de Léon
Le clairon retentit chez la famille Coquillard annonçant que quelqu’un sonnait à la porte. C’était Sigismund, le psychiatre, qui allait tenter pour la première fois une sortie nocturne avec Léon, en habit civil, dans un bistrot populaire donc gauchiste.
Pour passer inaperçu, Sigismund avait choisi un habit civil type uniforme. Bleu de travail et casquette Mao feront parfaitement l’affaire. Etonnamment, le déguisement lui allait à merveille (si l’habit ne fait ne fait pas le moine, l’uniforme si !). Seul Pinzli aboya méchamment, histoire de lui faire comprendre que ce n’est pas parce qu’il s’habille communiste qu’il lui apportera son journal le matin.
Edelweiss, l’épouse, était un peu tendue car personne mieux qu’elle pouvait imaginer les probabilités d’échecs de cette sortie. Elle avait d’ores et déjà préparé la pharmacie de premiers secours.
Léon, trop angoissé pour marcher dans la rue avec cette tenue, préféra prendre un taxi. Il hésita cependant à monter dans la voiture quand le chauffeur lui dit en éclatant de rire :
"Bonjoul bwana, didon, Mao est gland !"
Sigismund avait choisi un bistrot au nom évocateur "au Général gisant", afin de tester la résistance au choc de son patient. Lorsqu’ils descendirent du taxi, Léon tituba légèrement, s’accrocha au parcmètre le plus proche et s’épongea le front. Le psychiatre lui tapota l’épaule. Il avait réussi le premier test.
Quand ils entrèrent dans le bistrot, Léon n’en crut pas ses yeux. Il était rempli de hippies hagards, de babas barbus et d’anarchistes goguenards. Le costume Mao fit son effet et tout le monde le remarqua. Ils commandèrent deux bières, mais Sigismund sentait Léon très nerveux et ne comprenait pas ce qu’il marmonnait, le nez plongé dans son breuvage. Le psychiatre eut à peine le temps de remarquer l’odeur d’une excellente herbe africaine que Léon bondit sur la table en hurlant "Alarme chimique ! Alarme chimique !" et, renversant sa bière sur le baba débonnaire, transforma le joint fumant en pétard mouillé.
Il brisa ensuite la porte vitrée avec la première table qui lui passa sous la main et, arrachant le pot d’échappement d’une rutilante Harley Davidson, se mit à taper frénétiquement sur une poubelle en métal tout en hurlant :
"Alarme chimique ! Tous en tenue de protection ! Sortez vos masques à gaz ! Aux abris ! Aux ab..."
Il fut interrompu net par le propriétaire de la moto.
Lorsqu’il s’éveilla, attaché dans une pièce capitonnée, il entendit, perdu dans les brumes que seule une overdose de neuroleptique est capable de générer, une voix douce qui susurrait en boucle :
"La guerre chimique est terminée, tout va bien... "
"La guerre chimique est terminée, tout va bien... "
"La guerre chimique est terminée, tout va bien... "
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