| La Pucelle d’Orléans | 324 ko |
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extrait :
“Vous m’ordonnez de célébrer des saints :
Ma voix est faible, et même un peu profane.
Il faut pourtant vous chanter cette Jeanne
Qui fit, dit-on, des prodiges divins.
Elle affermit, de ses pucelles mains,
Des fleurs de lys la tige gallicane,
Sauva son roi de la rage anglicane,
Et le fit oindre au maître-autel de Reims.
Jeanne montra sous féminin visage,
Sous le corset et sous le cotillon,
D’un vrai Roland le vigoureux courage.
J’aimerais mieux, le soir pour mon usage,
Une beauté douce comme un mouton ;
Mais Jeanne d’Arc eut un coeur de lion :
Vous le verrez, si lisez cet ouvrage.
Vous tremblerez de ses exploits nouveaux ;
Et le plus grand de ses rares travaux
Fut de garder un an son pucelage.
O Chapelain, toi dont le violon,
De discordante et gothique mémoire,
Sous un archet maudit par Apollon,
D’un ton si dur a raclé son histoire ;
Vieux Chapelain, pour l’honneur de ton art,
Tu voudrais bien me prêter ton génie :
Je n’en veux point ; c’est pour la Motte-Houdart,
Quand l’_Iliade_ est par lui travestie. (...)”
VOLTAIRE (1694-1778), écrivain français.
Fils de notaire, il fit ses études chez les jésuites. Plutôt que de faire son droit, il préféra fréquenter les milieux littéraires et écrire des vers dont certains jugés insolents envers le Régent, le firent embastiller. Il s’exila à Londres et dès lors l’Angleterre comme le pays de liberté. De retour e France, il publia des tragédies. Ses combats incessants contre toute forme de restriction apportée à la liberté individuelle lui acquirent au sein de la bourgeoisie libérale une immense popularité. Esprit universel d’une immense culture, Voltaire a laissé une œuvre gigantesque. Polémiste brillant et parfois versatile, il incarne l’esprit français de son siècle. Il n’a cessé de lutter pour la liberté, la tolérance et la justice.
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