| Le sphinx des gaces (1897). | 1.1 Mo |
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Les îles Kerguelen (extrait)
“Personne n’ajoutera foi, sans doute, à ce récit intitulé Le
Sphinx des glaces. N’importe, il est bon, à mon avis, qu’il soit
livré au public. Libre à lui d’y croire ou de n’y point croire.
Il serait difficile, pour le début de ces merveilleuses et terribles
aventures, d’imaginer un lieu mieux approprié que les îles
de la Désolation - nom qui leur fut donné, en 1779, par le capitaine
Cook. Eh bien, après ce que j’en ai vu pendant un séjour de
quelques semaines, je puis affirmer qu’elles méritent l’appellation
lamentable qui leur vient du célèbre navigateur anglais. Îles
de la Désolation, cela dit tout.
Je sais que l’on tient, dans les nomenclatures géographiques,
au nom de Kerguelen, généralement adopté pour ce
groupe situé par 49° 54’ de latitude sud et 69° 6’ de longitude
est. Ce qui le justifie, c’est que, dès l’année 1772, le baron français
Kerguelen fut le premier à signaler ces îles dans la partie
méridionale de l’océan Indien. En effet, lors de ce voyage, le
chef d’escadre avait cru découvrir un continent nouveau sur la
limite des mers antarctiques ; mais, au cours d’une seconde expédition,
il dut reconnaître son erreur. Il n’y avait là qu’un archipel.
Que l’on veuille bien s’en rapporter à moi, îles de la Désolation
est le seul nom qui convienne à ce groupe de trois cents
îles ou îlots, au milieu de ces immenses solitudes océaniques
que troublent presque incessamment les grandes tempêtes australes.
Cependant le groupe est habité, et même, à la date du 2 août
1839, depuis deux mois, grâce à ma présence à Christmas-
Harbour, le nombre des quelques Européens et Américains qui
formaient le principal noyau de la population kergueléenne s’était accru d’une unité. Il est vrai, je n’attendais plus que l’occasion
de le quitter, ayant achevé les études géologiques et minéralogiques
qui m’y avaient conduit pendant ce voyage. (...)”
VERNE Jules (1828-1905), écrivain français.
Né à Nantes, il fut d’abord destiné à reprendre l’étude d’avoué de son père. À l’âge de onze ans, ayant acheté l’engagement d’un mousse, il s’embarqua sur un long courrier en partance pour les Indes, son père le rattrapa de justesse. Il fut envoyé à Paris pour faire des études de droit et entreprit alors clandestinement d’écrire ses premières œuvres. En 1867, il partit pour les États - Unis avec son frère Paul à bord d’un véritable paquebot à roue construit pour la pose du câble téléphonique transeuropéen. Ses croisières en Norvège, en Irlande, en Écosse, dans la mer Baltique et en Méditerranée renouvelèrent son inspiration. Sa rencontre avec l’éditeur J. Hetzel qui ne cessa de l’aider, lui permit de recueillir de gros succès dans le genre qu’il avait crée avec « cinq semaines en ballon » : le roman d’anticipation scientifique.
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