| Le village aérien (1901) | 634.7 ko |
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Après une longue étape (extrait)
“« Et le Congo américain, demanda Max Huber, il n’en est
donc pas encore question ?...
- À quoi bon, mon cher Max ?... répondit John Cort. Est-ce
que les vastes espaces nous manquent aux États-Unis ?... Que
de régions neuves et désertes à visiter entre l’Alaska et le
Texas !... Avant d’aller coloniser au dehors, mieux vaut coloniser
au dedans, je pense...
- Eh ! mon cher John, les nations européennes finiront par
s’être partagé l’Afrique, si les choses continuent - soit une superficie
d’environ trois milliards d’hectares !... Les Américains
les abandonneront-ils en totalité aux Anglais, aux Allemands,
aux Hollandais, aux Portugais, aux Français, aux Italiens, aux
Espagnols, aux Belges ?...
- Les Américains n’en ont que faire - pas plus que les Russes,
répliqua John Cort, et pour la même raison...
- Laquelle ?
- C’est qu’il est inutile de se fatiguer les jambes, lorsqu’il
suffit d’étendre le bras...
- Bon ! mon cher John, le gouvernement fédéral réclamera,
un jour ou l’autre, sa part du gâteau africain... Il y a un
Congo français, un Congo belge, un Congo allemand, sans
compter le Congo indépendant, et celui-ci n’attend que
l’occasion de sacrifier son indépendance !
... Et tout ce pays que
nous venons de parcourir depuis trois mois...(...)”
VERNE Jules (1828-1905), écrivain français.
Né à Nantes, il fut d’abord destiné à reprendre l’étude d’avoué de son père. À l’âge de onze ans, ayant acheté l’engagement d’un mousse, il s’embarqua sur un long courrier en partance pour les Indes, son père le rattrapa de justesse. Il fut envoyé à Paris pour faire des études de droit et entreprit alors clandestinement d’écrire ses premières œuvres. En 1867, il partit pour les États - Unis avec son frère Paul à bord d’un véritable paquebot à roue construit pour la pose du câble téléphonique transeuropéen. Ses croisières en Norvège, en Irlande, en Écosse, dans la mer Baltique et en Méditerranée renouvelèrent son inspiration. Sa rencontre avec l’éditeur J. Hetzel qui ne cessa de l’aider, lui permit de recueillir de gros succès dans le genre qu’il avait crée avec « cinq semaines en ballon » : le roman d’anticipation scientifique.
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