| Vingt mille lieues sous les mers (1870). | 1.2 Mo |
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UN ÉCUEIL FUYANT (extrait)
“L’année 1866 fut marquée par un événement bizarre, un
phénomène inexpliqué et inexplicable que personne n’a sans
doute oublié. Sans parler des rumeurs qui agitaient les
populations des ports et surexcitaient l’esprit public à l’intérieur
des continents les gens de mer furent particulièrement émus.
Les négociants, armateurs, capitaines de navires, skippers et
masters de l’Europe et de l’Amérique, officiers des marines
militaires de tous pays, et, après eux, les gouvernements des
divers États des deux continents, se préoccupèrent de ce fait au
plus haut point.
En effet, depuis quelque temps, plusieurs navires s’étaient
rencontrés sur mer avec « une chose énorme » un objet long,
fusiforme, parfois phosphorescent, infiniment plus vaste et plus
rapide qu’une baleine.
Les faits relatifs à cette apparition, consignés aux divers
livres de bord, s’accordaient assez exactement sur la structure
de l’objet ou de l’être en question, la vitesse inouïe de ses
mouvements, la puissance surprenante de sa locomotion, la vie
particulière dont il semblait doué. Si c’était un cétacé, il
surpassait en volume tous ceux que la science avait classés
jusqu’alors. Ni Cuvier, ni Lacépède, ni M. Dumeril, ni M. de
Quatrefages n’eussent admis l’existence d’un tel monstre - à
moins de l’avoir vu, ce qui s’appelle vu de leurs propres yeux de
savants.(...)”
VERNE Jules (1828-1905), écrivain français.
Né à Nantes, il fut d’abord destiné à reprendre l’étude d’avoué de son père. À l’âge de onze ans, ayant acheté l’engagement d’un mousse, il s’embarqua sur un long courrier en partance pour les Indes, son père le rattrapa de justesse. Il fut envoyé à Paris pour faire des études de droit et entreprit alors clandestinement d’écrire ses premières œuvres. En 1867, il partit pour les États - Unis avec son frère Paul à bord d’un véritable paquebot à roue construit pour la pose du câble téléphonique transeuropéen. Ses croisières en Norvège, en Irlande, en Écosse, dans la mer Baltique et en Méditerranée renouvelèrent son inspiration. Sa rencontre avec l’éditeur J. Hetzel qui ne cessa de l’aider, lui permit de recueillir de gros succès dans le genre qu’il avait crée avec « cinq semaines en ballon » : le roman d’anticipation scientifique.
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