| Une étude en rouge (1887). | 1 Mo |
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extrait :
“En 1878, reçu médecin à l’Université de Londres, je me rendis
à Netley pour suivre les cours prescrits aux chirurgiens de
l’armée ; et là, je complétai mes études. On me désigna ensuite,
comme aide-major, pour le 5e régiment de fusiliers de
Northumberland en garnison aux Indes.
Avant que j’eusse pu le rejoindre, la seconde guerre
d’Afghanistan avait éclaté. En débarquant à Bombay, j’appris que
mon corps d’armée s’était engagé dans les défilés ; il avait même
poussé très avant en territoire ennemi. A l’exemple de plusieurs
autres officiers dans mon cas, je partis à sa poursuite aussitôt ; et
je parvins sans encombre à Kandahar, où il stationnait. J’entrai
immédiatement en fonctions.
Si la campagne procura des décorations et de l’avancement à
certains, à moi elle n’apporta que déboires et malheurs. On me
détacha de ma brigade pour m’adjoindre au régiment de
Berkshire ; ainsi je participai à la fatale bataille de Maiwand. Une
balle m’atteignit à l’épaule ; elle me fracassa l’os et frôla l’artère
sous-clavière. Je n’échappai aux sanguinaires Ghazis que par le
dévouement et le courage de mon ordonnance Murray : il me jeta
en travers d’un cheval de bât et put me ramener dans nos lignes. Épuisé par les souffrances et les privations. Je fus dirigé, avec
un convoi de nombreux blessés, sur l’hôpital de Peshawar.
Bientôt, j’entrai en convalescence ; je me promenais déjà dans les
salles, et même j’allais me chauffer au soleil sous la véranda,
quand la fièvre entérique me terrassa : c’est le fléau de nos
colonies indiennes. Des mois durant, on désespéra de moi. Enfin
je revins à la vie. Mais j’étais si faible, tellement amaigri, qu’une
commission médicale décida mon rapatriement immédiat. Je
m’embarquai sur le transport Oronte et, un mois plus tard, je
posai le pied sur la jetée de Portsmouth. Ma santé était
irrémédiablement perdue. Toutefois, un gouvernement paternel
m’octroya neuf mois pour l’améliorer. (...)”
DOYLE Arthur Conan (1859-1930), auteur de nombreux romans policiers dont le principal héros est le détective Sherlock Holmes, aux déductions infaillibles.
La famille Doyle etait une famille nombreuse, puisque le jeune Arthur eut neuf frères et sœurs. Son père fut un obscur fonctionnaire, qui mourrut alcoolique. Sa mère, d’origine irlandaise, descendait des Plantagennêts. Après des études primaires et secondaires dans des institutions catholiques, il devint agnostique puis étudia la médecine à l’Université d’Édimbourg. Il publia ses premiers écrits en 1879 mais c’est en novembre 1887 que Sherlock Holmes apparaîssait pour la première fois. Il abandonna rapidement la médecine pour se consacrer uniquement à l’écriture.
À partir de 1918, il se consacra surtout au spiritisme et entreprit une tournée de conférences, tout en rédigeant divers ouvrages dans lesquels il prétendait démontrer la survie après la mort et la possibilité d’entrer en contact avec l’au-delà. On connaîssait surtout Conan Doyle pour Sherlock Holmes, mais il écrivit aussi des récits historiques comme "La Compagnie blanche", œuvres de science fiction comme "le Monde Perdu et autres aventures du Professeur Challenger", mais aussi des livres sur le paranormal figuraient à sa bibliographie. On lui doit plus de cinquante livres et un nombre considérable de nouvelles. Sir Arthur Conan Doyle s’éteignit le 7 juillet 1930, riche et célèbre. Ironie du sort, son œuvre historique, à laquelle il accordait la plus grande importance, est aujourd’hui presque oubliée. En revanche, son personnage Sherlock Holmes qu’il considérait comme une littérature alimentaire, est aujourd’hui mondialement célèbre.
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