| Les plans de Bruce Partington. | 353.4 ko |
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extrait :
“Pendant la troisième semaine de novembre 1895, un épais
brouillard jaune s’établit sur Londres. Du lundi au jeudi il nous
fut, je crois, impossible de distinguer, de nos fenêtres de Baker
Street, l’alignement des maisons d’en face. Holmes avait passé le
premier jour à réviser son gros livre de références, et les deux
jours suivants à travailler sur un sujet qui était devenu sa
marotte : la musique au Moyen age. Mais quand, pour la
quatrième matinée consécutive, il constata après le petit déjeuner
que les mêmes volutes grasses, lourdes, brunes, se balançaient
encore dans la rue et se condensaient en gouttes huileuses sur les
carreaux, son tempérament nerveux se révolta. En proie à une
fièvre d’énergie refoulée, il se mit à arpenter notre petit salon en
se rongeant les ongles, en heurtant les meubles, en maudissant
son inaction.
« Rien d’intéressant dans le journal, Watson ? » me
demanda-t-il.
Je savais que par « rien d’intéressant », Holmes sousentendait
« en matière criminelle ». Or, le journal contenait la
nouvelle d’une révolution, des informations relatives à une guerre
possible, et des échos sur un changement imminent de
gouvernement. Tout cela se situait hors de l’horizon de Holmes.
Dans le domaine du fait divers, aucun entrefilet ne méritait un
intérêt particulier. Holmes gémit et reprit sa course en zigzags.
« Le criminel londonien est vraiment un type à l’esprit obtus !
fit-il de la voix maussade du chasseur qui bat vainement les
fourrés. Regardez par la fenêtre, Watson ! Considérez comme les
silhouettes émergent à peine de ce brouillard ! Un voleur ou un
assassin, par un jour pareil, pourrait rôder dans Londres comme
un tigre dans la jungle, et choisir sa proie sans être vu jusqu’à ce
qu’il lui saute dessus.
Il y a eu, lui dis-je, de nombreux vols insignifiants." (...)”
DOYLE Arthur Conan (1859-1930), auteur de nombreux romans policiers dont le principal héros est le détective Sherlock Holmes, aux déductions infaillibles.
La famille Doyle etait une famille nombreuse, puisque le jeune Arthur eut neuf frères et sœurs. Son père fut un obscur fonctionnaire, qui mourrut alcoolique. Sa mère, d’origine irlandaise, descendait des Plantagennêts. Après des études primaires et secondaires dans des institutions catholiques, il devint agnostique puis étudia la médecine à l’Université d’Édimbourg. Il publia ses premiers écrits en 1879 mais c’est en novembre 1887 que Sherlock Holmes apparaîssait pour la première fois. Il abandonna rapidement la médecine pour se consacrer uniquement à l’écriture. À partir de 1918, il se consacra surtout au spiritisme et entreprit une tournée de conférences, tout en rédigeant divers ouvrages dans lesquels il prétendait démontrer la survie après la mort et la possibilité d’entrer en contact avec l’au-delà. On connaîssait surtout Conan Doyle pour Sherlock Holmes, mais il écrivit aussi des récits historiques comme "La Compagnie blanche", œuvres de science fiction comme "le Monde Perdu et autres aventures du Professeur Challenger", mais aussi livres sur le paranormal figuraient à sa bibliographie. On lui doit plus de cinquante livres et un nombre considérable de nouvelles. Sir Arthur Conan Doyle s’éteignit le 7 juillet 1930, riche et célèbre. Ironie du sort, son œuvre historique, à laquelle il accordait la plus grande importance, est aujourd’hui presque oubliée. En revanche, son personnage Sherlock Holmes qu’il considérait comme une littérature alimentaire, est aujourd’hui mondialement célèbre.
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