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la K-trième dimension

Publié le 21 janvier 2009  par Diogène
A écouter
Quand tombent les masques de Babylone !

Téléchargez la K-trième dimension gratuitement et ouvrez bien grand vos oreilles !

Pour une première écoute, esssayez ce morceau-ci (quand tombent les masques de Babylone !)


(JPG)

01 - Le conseil.mp3
02 - Qui garde un œil sur toi.mp3
03 - Je contamine les rues.mp3
04 - Il est minuit.mp3
05 - L’oppression.mp3
06 - Le dialogue des sourds (avec Atlas).mp3
07 - Une autre dimension.mp3
08 - Une cartouche.mp3
09 - On m’attend au tournant.mp3
10 - Quand tombent les masques de Babylone.mp3
11 - Magie noire.mp3
12 - Écoute mes pas.mp3
13 - L’industrie du disque.mp3
14 - La nuit porte conseil.mp3
15 - Mon esprit s’évade.mp3

Pour plus de musique, la K-trième dimension a un site internet, www.k-trieme.com


(GIF)

Aux antipodes des fantasmes bourgeois, la réalité du rap trahit le sommeil de ses partisans. Car ses partisans acceptent les règles du roi, pour peu que le roi leur promette un titre. Des beaux principes de partage des richesses, on ne garde que les richesses. Ainsi le rap, profitant de sa carte de visite fraîchement délivrée par les autorités idéologiques, se fait inviter sur les plateaux de la parole officielle, jusque dans les dortoirs publiques de la télé-réalité. Moyennant un gentil sourire, on laisse entendre que le rap n’est pas si méchant que ça. C’est encore accepter les règles du roi, du roi qui sait ce qui est gentil et ce qui est méchant, ce qui est bien et ce qui est mal. Et les plus naïfs prétendent jouer le cheval de Troie ; un cheval de Troie transparent que les gardes troyens attendent de pied ferme, armés jusqu’aux dents, dans l’enceinte sécurisée du petit écran. Le rap se jète dans la gueule du loup. Car c’est l’ego bien assis du roi qui choisit le bouffon. Et la cour soumise déguise de gré ou de force l’heureux élu des grelots bruyants que sont la violence, l’illégalité, l’intégrisme, ou, plus généralement, la barbarie. Elle va jusqu’à parler du machisme du rap, oubliant qu’en ce domaine, elle n’a rien à lui envier. Elle dénonce avec des airs de bonne conscience le caractère anticonformiste de la contestation. Mais dans la ronde du prime time, les danseurs exhibés portent déjà la marque au fer du ridicule, comme un clown porte son nez rouge. C’est jouer avec le feu que de chercher à retirer son épingle de l’industrie du disque. Car les maîtres du marché savent mieux que personne comment formater un activiste. Ils savent comment opposer à leur impérialisme une révolution gouvernée, un coup d’état domestique.

Le rap rêve peut-être de grandir. Mais quelle grandeur y a-t-il dans une médiatisation écrasée par les compromis ? Les collectionneurs de clichés se réservent le droit de planter le décor. La parole maquillée de la sorte n’a plus rien de subversif ; elle est apprivoisée par le client. Et quand elle ne se plie pas aux règles du spectacle, elle se voit attribuer le rôle du mauvais, d’un mauvais absolu et incontestable que la raison ne peut soutenir. Une telle censure est dangereuse par sa discrétion. Elle porte le monopole de la critique et elle fait taire au nom de la liberté d’expression, comme un négrier se dirait libre d’avoir des esclaves. Faut-il lui rappeler que sa liberté s’arrête où commence celle des autres ?

Le légendaire caractère underground du rap n’a rien d’asocial. Il n’est pas une mode comme l’idéologie médiatique voudrait le faire croire. Il fabrique une société parallèle, n’en déplaise aux gardiens immobiles du totalitarisme intellectuel. Ces fondements du Hiphop, les principaux intéressés semblent les avoir oubliés.


(GIF) Au beau milieu du spectacle de marionnettes, quatre figurines du rap sous-terrain se sont défaites des ficelles idéologiques de Babylone. Nellio, Ludo, Dam’s et Marash sont les membres de la K-trième dimension, groupe de rap genevois né à la fin des années 90. Le groupe est sous sa forme actuelle depuis 2004.

La philosophie de la K-trième dimension s’articule autour de l’indépendance du rap vis-à-vis de l’industrie du disque, de la revendication de son impact social et d’un style musical sombre.

Pour plus d’info, la K-trième dimension a un site internet, www.k-trieme.com




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