| La démocratie a-t-elle été un seul jour le « pouvoir du peuple » ? | 205 ko |
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extrait :
“Un demi-siècle après l’avènement de la Ve
République, le pouvoir est tombé aux mains d’une
oligarchie d’un nouveau genre. Cette alliance réunit grands
patrons et ministres fantoches qui n’ont obtenu leur
portefeuille que par copinage ou grâce à l’opportunisme
politique dont ils ont fait preuve - cet opportunisme étant le
gage de leur complète servilité à l’égard de la sphère
économique et financière. Ce hold-up sur la démocratie
orchestré par un tyranneau digne des républiques
bananières ne devrait pas nous surprendre. En effet, dès sa
naissance, la démocratie souffrait de graves
dysfonctionnements, qui sapaient le système et dévoilaient
que la Ire République était en partie une continuation de
l’Ancien Régime. En 1792, le nouveau pouvoir est advenu
par une révolution - et non une « rupture » de pacotille.
Mais cette révolution ne porta jamais un régime
démocratique au sens absolu du terme : pouvoir réel du
peuple sur sa vie quotidienne et sur son propre avenir.
Tout au long de son histoire, la démocratie moderne n’a su être au mieux que le système le moins pire, la moins inacceptable des tyrannies, le moins atroce des totalitarismes. Il ne s’agit plus tant aujourd’hui de discuter de la douceur des moyens coercitifs et des méthodes d’abrutissement généralisé employés par les États démocratiques, que de déplorer l’efficacité de ces moyens et de les dénoncer afin de les combattre. On nous laisse le choix de la longueur de notre chaîne et de la couleur du boulet, mais aucun État ne songerait à nous en délivrer.
Certes, la démocratie ne tue pas, elle n’a enfanté ni goulags ni camps de concentration - à peine quelques centres de rétention pour étrangers en voie d’expulsion et des prisons surpeuplées... La répression n’est pas la seule arme du système, et sans doute pas la plus performante en termes d’asservissement.
Le système démocratique inocule en effet quelques virus fort efficaces, qui affaiblissent tout peuple qui chercherait à s’émanciper, au point de finir par l’en dissuader. L’illusion et le consensus comptent parmi ces armes redoutables au service de la tyrannie démocratique. Ainsi, la prétendue liberté de l’information, essentielle dans un tel système, n’a toujours été, jusqu’à nos jours et plus encore de nos jours où il est impossible de trier parmi la masse titanesque de nouvelles quotidiennes, qu’un attrapegogos.”
Philippe Godard a beaucoup voyagé, cultivé la terre, étudié les langues orientales, écris des ouvrages pour la jeunesse, des essais politiques et dirige des collections documentaires chez Syros, Autrement et La Martinière.
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