| Mordue au pied (nouvelle) | 807.2 ko | ![]() |
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Quelques clés en rapport avec mon travail...
“Si je fais le bilan des dix dernières années de travail et de mes recherches artistiques, je constate que, la place qu’ont occupée le corps de la femme et son sexe, est judicieuse.
De manière quasi obsessionnelle, je voulais faire éclater la coquille charnelle féminine, pour modifier en profondeur la construction idéalisée de l’image de la femme. Je voulais rendre visible, par un heurt de forces, les fantômes tissés par la géographie des fantasmes attribués au féminin.
Mon corps s’est imposé de plus en plus dans cette expérience. J’ai joué le « je » dans ce parcours. J’avais envie de mieux comprendre ce que c’est que le féminin. Je me suis mis à chercher l’être de la femme, encore si souvent inconnu à mon avis, et d’abord d’elle-même, parce que le discours masculin le lui a dérobé dans tous les domaines.

Petit à petit, je suis devenue mon propre modèle, mon plus intime et familier instrument de recherche. Je me suis engagée dans un parcours solitaire, dans un rapport avec moi-même et mon espace intérieur.
Mon pari fut de doter le féminin de la partie dont la femme a été amputée (spécifiquement au sein de toutes les religions monothéistes et patriarcales), cette partie d’elle-même qui, en somme, fait sa spécificité. Je sais désormais que cette gestation m’a permis d’ébaucher une certaine symbolisation du sexe féminin. En d’autres termes, j’ai dorénavant la conviction d’avoir découvert l’espace interne. Cet espace-là est précieux. Finalement il s’agit de définir l’endroit en question, si l’on ne veut plus errer dans un non-lieu.
Je dirais que la définition, précisément, de ce lieu est la seule voie de sortie vers l’autonomie féminine. A partir de là, elle peut s’affirmer comme sujet et ne plus se laisser absorber par sa sexualité, à laquelle l’imaginaire masculin l’a tant réduite et dans laquelle il a cherché à l’assigner à résidence.
Il me semblait qu’avec ce travail, je pouvais faire avancer l’éternelle et sempiternelle question du féminin. Je voulais faire exploser tous les clichés autour du sexe de la femme, en somme sa condition socialement toute construite, depuis les temps les plus reculés . Je désirais aller au-delà des deux images traditionnelles, dont elle est victime tout au long de l’ère chrétienne. Je m’acharnais par le biais de mes œuvres à faire éclater le moule préfabriqué dans lequel l’histoire l’a anesthésié, y compris sa sexualité. N’oublions pas que le monde est hanté d’une féminité où se lève le grouillement halluciné des signes.
Il s’agissait pour moi de faire sauter le piège dans lequel le débat et - la femme du même coup - se trouvent enfermés. Je m’appliquais à projeter une nouvelle lumière sur le féminin, au-delà du voile, du viol et du silence.
Quels que soient mes efforts, je constate à travers les expositions auxquelles j’ai participé ces dernières années, que la censure n’est jamais très loin de là où j’expose (ou je m’expose). A mon plus grand regret, j’accepte le fait que ma parole soit difficilement audible. Nous restons prisonniers et prisonnières des représentations féminines traditionnelles, même aujourd’hui où en apparence les rapports d’altérité entre les sexes seraient plus libres et égalitaires qu’auparavant.
Je ne veux pourtant pas affirmer que rien n’a changé d’un iota, mais je crois que chaque femme, à titre individuel, par le biais de la sculpture de soi, doit aider à peaufiner notre limite d’accomplissement la plus parfaite.
Dans le récit des pages suivantes, « Mordue au pied » il est question de la naissance d’une autre femme, cessant d’être écrasée par la supériorité de la mère, ou soumise au désir de l’homme. Le texte est volontairement onirique... C’est un récit de voyage dans le temps, un clin d’oeil au ventre maternel, et un passage vers l’altérité.
Le texte témoigne en faveur d’une certaine légèreté, le style est une multiplicité de mouvements qui jouent entre eux sans règles, hors code, hors-la -loi .
Les événements voltigent à la frontière, à la limite de la réalité, à l’endroit où une femme se met à exister, sans recourir à une demande d’identité dont elle n’a plus besoin, puisqu’il n’y a personne pour la lui refuser.”
Ray Monde, mars 2008
« L’oeuvre de Ray Monde est une éthique qui prend sa source dans le CORPS. Elle est une nouvelle manière de vivre et de penser le corps dans son altérité féminine et masculine. C’est une philosophie du devenir et de l’advenir avec une reformulation de l’antique devise : “Deviens ce que tu es”. »
site : http://www.ray-monde.net/
Actuellement, Ray Monde présente son BBBoudha sur le blog : http://proflarue.skyrock.com/
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